• Des QR-codes pour orienter les élèves

    Sans mauvais jeu de mots, l’idée de « QR-code pour orienter les élèves » est apparue avant tout pour répondre à un besoin spécifique à la course d’orientation.

    Avant d’aller plus loin, rappelons qu’un QR-code est un type de code barre ; une fois muni d’un lecteur, ils permettent de renvoyer à une information (un site internet par exemple). S’il est facile de générer des QR-codes, en rendre l’information sous jacente intéressante est plus complexe. Comme tous scénarios pédagogiques liés au numérique la question de l’intérêt reste présente.

     

    En « flashant » ce QR-code vous serez redirigé vers l’accueil de « Prof de Balles »

    En « flashant » ce QR-code vous serez redirigé vers l’accueil de « Prof de Balles »

     

    Mais voyons mon contexte d’intervention car c’est ce qui a conditionné la faisabilité de ce scénario. J’ai à ma disposition un parcours permanent et sécurisé de course d’orientation constitué de 32 balises. Quasiment au centre de ce parcours j’ai une salle permettant un point de départ et surtout un affichage pour mes élèves. J’en conviens ce contexte est plutôt favorable.

    Maintenant partons d’un constat !

    Pour mon Niveau 1, les élèves étaient en groupe fixe tout au long du cycle et je procédais en étoile : une carte envoyant à une seule et unique balise. Trop souvent, mon travail lors de la séance consistait seulement à répondre : « oui c’est juste » ou « non vous avez fait une erreur ». Le peu de retour en termes de contenus d’enseignements n’est pas de mon fait mais d’un paramètre ingérable : les groupes étaient plus rapides que mes réponses d’aides et cela générait une file d’attente d’élèves passifs attendant LA réponse fatidique (juste ou faux).

    A cela s’ajoute la trame de mon cycle qui finalement était monotone : chaque course était donc constituée d’une voir deux balises, les premiers groupes devant attendre la fin de la course avant d’aller chercher les nouvelles balises. Au final, deux courses pour une séance, un peu maigre me direz vous…

    Le début d’une réflexion…

    Autant d’éléments m’amenant à repenser ce cycle. Tout d’abord il me fallait résoudre le souci majeur de parvenir à guider les élèves sans mon aide ET surtout leur donner les outils de réussite. Autre aspect à résoudre : avec le cycle initial, les élèves apprenaient (bien grand mot) à récupérer des balises mais pas à organiser leur parcours en fonction de la carte. 

    Le QR-code comme guide ?

    Le QR-code pouvait alors répondre à mon premier critère. En effet s’ils permettent de renvoyer à un lien internet ils peuvent, hors ligne, afficher un texte sur le lecteur. Imaginons que les élèves puissent par eux même vérifier l’exactitude de leur poinçon, je pourrais ainsi me dégager de ce fameux temps « sanction » pour aider ceux en difficulté. Mais comment l’articuler efficacement dans mon cycle ?

    A de nombreuses reprises je me suis rendu compte que sans carte, les élèves réalisaient plus d’efforts pour repérer les mains courantes et les lignes d’arrêt. In-fine, ils commettaient moins d’erreurs.

    De ce postulat j’ai donc décidé de réaliser les 32 cartes (une par balise) et de les laisser afficher durant toute la séance au point central. Chaque carte est constituée de l’emplacement de la balise (évidemment) et quatre QR-codes. Trois d’entre eux sont liés à un poinçon et un numéro de balise, le dernier étant une astuce si les élèves ne parviennent pas à la retrouver. Oui, à l’avance ils savent que la balise est l’un des trois poinçons déjà présents sur la carte. Evidemment les deux balises fausses sont dans la même « zone géographique » que la balise à trouver.

    Si le poinçon est juste ils peuvent aller à la balise suivante, dans le cas contraire, le QR-code indique l’ erreur avec un langage approprié à la course d’orientation (ex : « la balise que vous cherchez est 20m plus au Nord »)

    Exemple de carte donnée aux élèves

    Exemple de carte donnée aux élèves

     

    Concrètement, l’élève a une feuille de route des 32 balises qu’il laisse au point central, et une feuille de poinçon qu’il prend avec lui. Il doit obligatoirement faire un poinçon et le vérifier grâce au QR-code. Sous ce poinçon il mentionne le résultat : juste ou faux. Chaque élève peut réaliser autant de balise que le temps de séance lui permet.

    En tant qu’enseignant, je récupère les feuilles de poinçons et contrôle le nombre de « faux ». S’il n’y a pas de poinçon, je ne considère pas la réponse comme juste. L’enseignant, détaché des vaines réponses « juste » ou « faux », est alors à la disposition des élèves pour les aider dans leurs erreurs.

    Toutefois il n’y a plus de « course » à proprement parler et pour cela il revient de changer la logique du cycle…

    Une logique de cycle transformée.

    J’ai articulé ce cycle en trois phases distinctes, chacune ayant des objectifs complémentaires.

    Durant les deux premières séances (première phase), je réalise des jeux de course d’orientation afin de permettre l’appropriation des éléments de sécurité et de la légende.

    La phase deux, constituée de quatre séances, est axée sur les fameuses cartes. Bien qu’il n’y ait pas de course, il est possible de poser des conditions de réussite rentrant dans une notation telle que : 8 balises minimum par séance. Il s’agira de placer les élèves en réussite et de les guider pour cela. A l’issue de cette phase les élèves ont appris à identifier les repères clés pour rechercher les balises (lignes d’arrêt et main courante).

    La dernière phase (deux séances suivante) est alors articulée sur la notion de choix de parcours et cette fois-ci en lien avec une course. Je leur impose un parcours avec les balises précédentes, chaque course incluant alors 3 à 5 balises en étoile. La recherche ne doit plus poser soucis (balises connues) mais l’apprentissage portera sur le choix judicieux du parcours.

    Au niveau des groupes, j’ai opté pour une répartition des élèves en binôme, mais ils changeront à chaque phase.

    De bonnes idées, mais un cycle à revoir !

    Une question se pose alors : mais pourquoi publier ce cycle dans cette rubrique et non dans « L’EPS au quotidien » ? Bien qu’intéressant en l’état, ce cycle conserve un goût d’inachevé… il possède de bonnes bases mais doit être encore réajusté.

    L’utilisation du QR-code a pleinement joué son rôle à savoir donner la remédiation nécessaire à l’élève pour progresser. L’enseignant ainsi détaché de la tâche de « validation » peut enfin prendre le temps d’accompagner les élèves dans leurs difficultés.

    Toutefois, elle se base actuellement sur la bonne foi des élèves. S’ils « flashent » les trois QR-code de suite, ils peuvent en effet connaître immédiatement LA bonne solution, la recherche étant alors biaisée… Je n’ai pas encore de solutions là dessus.

    Le fait de dissocier l’analyse de carte pour une balise lors de la deuxième phase et l’analyse de carte pour un choix de parcours lors de la troisième phase est un choix qui s’est révélé judicieux. Les élèves ont été plus investi dans la « course » puisque la « recherche » de balises n’était plus l’objectif principal. Toutefois l’apprentissage est morcelé et rien ne garanti que les élèves associent réellement les savoirs des deux phases pour réussir lors de l’évaluation.

    En parlant de l’évaluation, comment la construire afin qu’elle incorpore tous les savoirs sans multiplier les critères ?

    Parlons matériels…

    Lors du cycle, je ne disposais que de mon propre matériel ; à savoir deux terminaux (téléphone et tablette) ; les seuls à disposition des élèves pour vérifier leurs balises.

     

    Bref, des idées, une utilisation raisonnée et judicieux du QR-code mais un cycle à améliorer…


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